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La cité

de Robert Clemente
ISBN: 978-2-37916-838-3

19,00

Pour venir à La Cité, c’est simple. Vous prenez, à partir de la place Castellane, « en ville », le bus numéro 15, ou même 18, et vous descendez sur le boulevard de Saint-Loup. L’arrêt le plus pratique est celui de la place de l’Octroi, proche de l’avenue Florian qu’il vous faudra descendre jusqu’à l’entrée de La Cité qui vous accueillera alors en déroulant sous vos pas l’avenue Centrale qui, si vous la suivez jusqu’au bout, vous mènera tout droit au stade municipal, en passant devant… le majestueux fantôme du passé !

Catégorie : Product ID: 22958

Pour venir à La Cité, c’est simple. Vous prenez, à partir de la place Castellane, « en ville », le bus numéro 15, ou même 18, et vous descendez sur le boulevard de Saint-Loup. L’arrêt le plus pratique est celui de la place de l’Octroi, proche de l’avenue Florian qu’il vous faudra descendre jusqu’à l’entrée de La Cité qui vous accueillera alors en déroulant sous vos pas l’avenue Centrale qui, si vous la suivez jusqu’au bout, vous mènera tout droit au stade municipal, en passant devant… le majestueux fantôme du passé !
Le château, témoin d’une autre époque à la fois proche et lointaine, dominait imperturbablement et fièrement les toitures rouges des maisons agglutinées tout autour de lui. Un peu comme le ferait un gardien bienveillant, je l’imaginais secrètement veiller à ce qu’aucun danger ne vînt menacer La Cité. Si besoin était, à coup sûr, il donnerait l’alerte. Il m’arrivait parfois, au détour de quelques courses dont on m’avait confié la tâche, de rester longuement planté devant lui, juste avant d’entrer chez la boulangère, à imaginer mille histoires plus rocambolesques les unes que les autres. Il représentait, pour de vrai, le château de toutes les épopées chevaleresques qui m’envahissaient rien qu’en le regardant. Il n’avait pourtant rien d’un château fort. Tout juste une ancienne grande bâtisse qui aurait revêtu une idée de fausse laideur héritée d’une beauté surannée. Il fallait vraiment l’imaginer « fort ». Cependant, sa fragilité désinvolte qui semblait défier le temps dégageait une impression de robustesse rassurante. Il symbolisait l’identité du lieu, et en était le repère. Pas spécialement le centre géographique, le repère. On reconnaissait le château, avant de connaître La Cité !
D’où que l’on se trouve, on pouvait en apercevoir la toiture et les cheminées qui ne fumaient plus depuis déjà bien longtemps, rien qu’en se déplaçant d’un côté ou d’un autre d’une maison trop proche, ou d’un orgueilleux platane qui, malgré sa hauteur respectable, n’avait de toute manière aucune intention de cacher quoi que ce soit. Avec « Mémé », le château était toujours habité. Elle le maintenait en vie en se montrant quotidiennement à la fenêtre de « son » logement du dernier étage, pour défier avec lui les affres du temps. Elle devait sans doute avoir, pour l’hiver, un chauffage électrique ou un radiateur à fuel, puisqu’on ne voyait jamais de fumée ?

Né à Marseille le 27 décembre 1951, Robert Clemente a vécu toute son enfance à La Cité Saint-Loup, où il se promettait le meilleur avenir possible chez les « grands ». Chez « ceux qui ne font rien qu’à rien comprendre », comme il le pensait en son temps de « petit »… !
Cette belle histoire, depuis l’enfance à La Cité La Gardanne, à Saint-Loup, jusqu’à l’entrée au lycée Marcel Pagnol, malgré tous ses efforts, n’aura pas fait de lui la gloire de son père… Dommage. Infirmier psychiatrique actuellement à la retraite, il sera difficile de retrouver le temps passé… De toute manière, il est quand même un peu tard pour envisager en toute bonne inconscience de le faire maintenant.
Oui… en toute bonne inconscience. « Au fond », l’inconscience reste la meilleure conscience qui soit. Surtout si on se donne de justement bien regarder « au fond ». Sans se cacher, bien sûr ! Et « ça », ceux qui ne font rien qu’à rien comprendre ne peuvent l’admettre !